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IMG_0055.jpgLe couple.

Elle se lassait de la vie de célibataire qu'elle menait, depuis trop longtemps, déjà. Des mecs, des hommes elle en avait eu suffisamment pour en apprécier la compagnie. Les aventures qu'elle vivait au gré de rencontres opportunes ne l'avait pas tellement enrichie. Elle prenait conscience que la présence masculine éphémère ne comblait pas ce désir de passion auquel elle aspirait en vivant avec un être qui eût des points communs, des affinités comme on dit. Elle avait en définitive, comme toutes les filles et femmes qui étaient forcément passées par cette étape, essayé de fonder un foyer s'étant résumée à une vie de couple la plus banale qui fût ! En vain ! Et lorsqu'elle en parlait, elle se rassurait avec une espèce de certitude qui trahissait ses déboires. Elle s'était faite une raison : celle du plus fort ; c'est-à-dire de la sexualité en se décidant de partager sa vie avec un autre. Alors elle raconta sans enjoliver sa vie de couple :

"Nous nous étions mis ensemble, sans être tombés amoureux l'un de l'autre. J'étais seule depuis quelques mois. J'avais eu quelques aventures de passage... sans m'attendrir sur les sentiments que j'aurais pu tirer de ces unions. Puis, j'ai rencontré Machin. Ce ne fut pas le coup de foudre ; mais il était disponible pour moi. Il me dit que je lui plaisais qu'il était prêt à faire un bout de chemin avec moi et qu'il m'aimait. Il me confia qu'il désirait un enfant et qu'il en assumerait l'éducation. Moi, étant seule et ne supportant plus la vie solitaire que je menais, même si je rencontrais beaucoup de monde et que j'étais très convoitée, je me dis que c'était un bon compromis. Il ne me plaisait pas plus que cela ; mais il était gentil, avait des revenus suffisants pour assumer notre vie de couple. Quant au coup de foudre ! Boff ! C'est pour les contes de fée. De plus, je me sentais prête à enfanter. Je voulais un enfant. Il était d'accord ! Je me dis que j'aurais le temps de me séparer, s'il ne me convient plus. Pour lors, tout va pour le mieux du monde. Je suis enceinte de trois mois et j'aime déjà cet enfant qui va naître. Le futur papa, lui, semble heureux. Il est ébloui par ma féminité ; il me voue un culte : il m'aime à la folie ! C'est ça la vie de couple. Il ne faut pas trop se poser de questions. Les rêveurs, les idéalistes qui vous racontent des histoires d'Amour, avec un grand A ne comprennent pas que l'amour passe après le sens pratique. Nous sommes dans une société où il faut faire des compromis entre vivre pour travailler ou travailler pour vivre. Quand l'enfant naîtra, nous le donnerons à une nounou. Comme cela je pourrai reprendre un travail. Gagner de l'argent pour que mon enfant et moi puissions vivre en parfaite plénitude, sans souffrir du manque. C'est vrai que lorsque je pense à ce garçon qui m'aimait et que j'aimais autrefois, je ressens un peu de nostalgie, un peu de regret aussi ; mais la nécessité ce n'est pas l'amour ; d'autres priorités président à la vie. Et puis, lui ou mon marri, après tout c'est pareil ! Il me fallait un homme, j'ai pris celui qui était le moins mauvais ; au moins, lorsque je me séparerai de lui pour recouvrer cette liberté à laquelle je tiens, je n'aurais aucune larme à verser ! Et quant aux sentiments, ils ne sont que superficiels. L'essentiel c'est le compromis !

Et vous, vous en êtes où de votre vie... de couple ?!

 

Jean Canal discussion avec une femme seule...

 

Potographie Armande de Patau et son époux, 1930 ; famille ariégeoise de Jean Canal Reproduction interdite sous peine de poursuite judiciaire. 

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