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5 mai 2017 5 05 /05 /mai /2017 19:43

Il s'agirait, donc, de tirer une conclusion sur la littérature d'aujourd'hui, et bien que les Critiques ne manquent pas en la matière, je ne vois qu'un seul auteur qui pût en son temps apporter une incisive réponse aux questions que suscitent les nouvelles lettres françaises au sujet des œuvres littéraires actuelles. On peut, néanmoins, envisager le sujet d'une manière tout à fait différente en ce sens que la critique se doit d'être une imparable démonstration de faux et usage de faux, écartant ainsi les quiproquos qui pussent surgir d'un auteur mineur subrepticement empreint de spéculation littéraire au sein d'œuvres majeures, lues et étudiées au fil de lectures exhaustives ! Certains auteurs (France culture) refusèrent de lire trop d'auteurs de crainte d'en être inspirés, influençant ainsi leurs propres écrits ; c'est effectivement courir un grand risque que de lire incessamment et avec insistance le même auteur dont le style finit par influencer le lecteur, jusqu'à modeler sa forme d'écriture. En ironisant on pourrait interpréter chaque vocabulaire en correspondance avec une époque : le XVIII° siècle fut plus riche que le XIX° mais moins déterminant pour l'esprit de la langue que le XVII° siècle. Le XX° siècle s'est nourri de son passé en en retirant les conclusions qui s'imposèrent pour que la littérature survécût, cahin-caha ! La NRF hérita post-mortem des nouveaux auteurs instruits de leurs pairs et concourut à en valoriser cet esprit, en publiant des œuvres désormais entrées dans la postérité -les refus de manuscrits, cependant, lui coûta dans les relations mondaines : André Gide (il rejeta, entre autres, celui de Marcel Proust) n'étant pas étranger à ces erreurs de jugement intellectuel..! Pourtant les meilleurs livres de grammaires, aujourd'hui complètement disparus de l'enseignement réduit à l'utile et l'agréable, regorgèrent en leur époque, non seulement de citations d'auteurs majeurs et inscrits dans la reconnaissance littéraire de l'Académie (c'est cette institution qui a semé la désolation avec ses imposantes réformes administratives), mais des extraits de leurs œuvres, quand elle les citait en exemple, moyennant des passages éloquents de leurs ouvrages choisis pour leur richesse, sur lesquels s'étayait le travail exigeant de l'élève assidu ! On appelait ceux-là «les essentiels.» Bien sûr demeurent encore les «Lagarde & Michard» pour ceux qui ont oublié l'essentiel de leur leçon... Des passages et fragments d’œuvres y sont cités et mis en évidence de façon à entraîner l'étudiant à développer un engouement pour la littérature et, pourquoi pas, à l'égard de l'enseignement ! Ainsi conduit, dirigé vers le panthéon des Lettres, l'étudiant aura le cerveau bien fait, rempli de bonnes choses relatives aux matières qu'il devra affronter à l'Université pour poursuivre une carrière d'enseignant ; à défaut, il sera critique dans d'éminentes revues qui sélectionnent leurs critiques d'auteurs, d'après des critères électifs...et des ouvrages sélectionnés par un lien intéressé avec les Maisons d’Édition ! Le Magazine littéraire et Lire ont eu leur temps...de gloire !

Les bons écrivains n'ont jamais été des enseignants ! Trop imbus du savoir qui les sanctionne, de la connaissance qui réduit paradoxalement les capacités de la critique, ils se doivent de respecter les règles à la Lettre ! Ne pas s'écarter du format établi par l'institution professionnelle nourrie de l'éditoriale publication, est la base de leur méthode pédagogique pour apprendre aux élèves ce qu'ils n'ont pas complètement compris ! Alors étudiant en Lettres classiques à l'Université du Mirail, à Toulouse, j'assistais à une démonstration magistrale, dans l'amphithéâtre affecté à cet effet, de l’existence de zoophilie dans l’œuvre de Rimbaud ! L'enseignant en question inscrivait sa thèse dans cette vision intellectuelle que la modernité permettait à ceux qui en répondaient à titre de référence ! C'est là tout ce qui les empêche de franchir les interdits, d'oser les digressions littéraires et de se libérer de l'esprit collégial auquel ils sont astreints par mimétisme intellectuel, culturel, au pis artistique ! Ils n'écrivent jamais pour eux, mais pour leurs lecteurs, par soucis de complaisance ; en fait un véritable synopsis pour film avant-garde ! Le rébarbatif langage usité pour inculquer la matière, la parfaire, l'édulcorer afin qu'elle soit présentable...les a complètement anéanti de telle sorte qu'ils suivent le modèle de l'époque duquel l'enseignement retirera toute sa persuasion au cours de ses cours (une enseignante de Collège proposa à ses élèves de regarder le Cyrano de Bergerac joué par Depardieu ; hélas, tous les lettrés en ce domaine savent que le meilleur rôle encore jamais égalé fut joué par Daniel Sorano et non ce coquin incapable de jouer tous les rôles de son répertoire – l'enseignante qui n'a pas suivi le bon sens, nous l'avons compris, était une admiratrice de l'acteur) ! Ils se rassurent par cette acquisition institutionnelle qui leur reconnaît leur profession, selon le mérite et les accessits de satisfaction décrochés par les inspecteurs d'académie (encore elle!) ; ils radotent et finissent par rabâcher inlassablement une leçon sans y apporter un soupçon de critique de fond, en signe de comparaison qui répondrait à l'évolution schématique de la langue et notamment de son esprit, prédominant la contemporanéité ! Leurs ouvrages sont toujours im-pec-ca-bles ! Le mot y est juste, fade et attendu ! Le verbe occupe une place grammaticalement irréprochable, figeant les figures de styles, les subordonnées répondent spontanément aux principales sans élégance et les adverbes et adjectifs trouvent leur signification propre aux substantifs employés, en se privant de l'ambiguïté que pourrait provoquer un sens ambivalent, ne semant ainsi aucun doute sur le sujet proprement traité : bref, un véritable travail administratif livré par une secrétaire de direction que l'on peut sans vergogne imaginée vêtue en tailleur deux pièces de chez Courège, coupé sur mesure et sortant de chez le coiffeur. Jean Giono qui avait aidé son fils à une rédaction du niveau CM2 (autrefois classe de 7°) attendait impatient la note de l'institutrice. L'écolier obtint un 12 sur 20... J'ai été amené moi-même à lire un roman champêtre d'un auteur, pour un article de presse mineur sur son livre publié dans une Maison d’Édition de notoriété publique, parisienne en l'occurrence. Au dernier chapitre, je ressentis un essoufflement dans le dénouement de l'histoire. Plus j'avançais vers la fin, moins celle-ci semblait me réserver une conclusion heureuse, heureuse en son for intérieur, faute d'inspiration insuffisamment nourrie d'une imagination prodigieusement absente : la chute était presque préméditée en une espèce de happy-end à la française ; en soi un échec qui soulignait un essai, certes romanesque, mais manqué. Je compris que la littérature n'était pas au rendez-vous fixé par l'auteur lui-même qui demeurait dans l'expectative de la rencontrer peut-être un jour... Il était enseignant dans le secondaire...

La littérature qui nous intéresse, ici, ne se trouve point chez eux, ni dans les manuels tronqués des référents historiques aux dites Lettres, usités aujourd'hui ! Rassurez-vous, nous avons besoin plus que jamais d’enseignants, si possible des meilleurs, pour effectivement transmettre l'essentiel du savoir et de la connaissance, afin de corriger les déviations de l'esprit en l'étude, d'accompagner (pedagogus) l'élève dans son cheminement afin qu'il ne se trompe sur les réponses apportées à l'éthique instituée pour l'occurrence ! Le critère qui témoigne de cette pauvreté littéraire apparaît à chaque réforme scolaire de l'éducation nationale qui répond à des prérogatives politiques dont l'intérêt réside dans la suppression de matières qui épanouissent l'esprit, émancipent l'intellect, cultivent, instruisent et libèrent l'être de son conditionnement individuel !

D'un point de vue Critique, la littérature n'admet plus, aujourd'hui, de définition intrinsèque qui lui attribuerait des Lettres de noblesse encensées par une Institution reconnaissante à la patrie pour les services rendus à la littérature ! De Gaulle lorsqu'il refusa la grâce de Brasilhac, le traître à cette patrie, considéra qu'il avait plus qu'un autre mit sa plume au service de la collaboration, trahissant ainsi les Lettres françaises ! En outre, on comprend pourquoi Jean-Paul Sartre refusa le prix Nobel de littérature qui de nos jours est attribué à un chanteur populaire, soit-il une figure emblématique des générations hyppies, ayant apporté beaucoup dans les prises de libertés dévolues au peuple, mais rien, non vraiment rien à la littérature universelle.

Critiquer la littérature à travers ses auteurs encore présents aujourd'hui, relève d'une ambition qui frôle l'impudence ! Il faut, effectivement, être très audacieux, prétendre à la pertinence de cet esprit, voire insolent pour émettre un avis sur une œuvre, un auteur, en y recherchant les paramètres existants qui fourniraient des informations précises, incontestables et avérées sur le fond de l’œuvre composée avec concision ! -pour la musique, c'est pire ; puisque le plagia s'entend aux premières notes ! On sent l'influence de Bach dans Mozart ; mais Mozart est seul maître de sa musique.

Sainte-Beuve, auteur critique du XIX° siècle, n'a épargné aucun des littérateurs, comme le fit Denis Diderot dans les échanges épistoliers avec Dalembert, en appliquant son labeur d'exégète aux plus grands auteurs des siècles précédents le sien, Tacite y compris ! L'encyclopédiste déjà en son temps rappela les préceptes indispensables pour prétendre au titre de littérateur qui devait conjuguer dans son étude le Grec et le Latin conjointement, sans omettre la rhétorique. Sainte-Beuve reste inconnu du grand public et oublié des enseignants qui lui confèrent, sans doute à juste titre, un pédantisme raffiné qui ne convient plus à l'enseignement du jour dont la consécration de la littérature se résume à effeuiller des textes abrégés ! De ses "Portraits" et de ses "Lundis", classés en recueils, il ne faudra retenir que le style impétueux de la présentation des idées qui foisonnent en hyperboles ! Sainte-Beuve et le maître à penser des critiques avisés de la littérature contemporaine : Pierre Assouline a dit de Houellebecq qu'il n'était pas un écrivain ; alors que Philippe Solers lui reconnaît une plume de haute licence ! Bref ! Les avis ont toujours divergé, dérivant sur les côtes incertaines de l'Art, pour parfois s'échouer sur du néant...comme la vague sur le sable ! Amélie Nothomb entretient la psychose chez les femmes névrosées qui recherchent désespérément une seconde existence à travers un corps qui ne retrouve plus ses formes d'antan, mué sous les aspects d'un galbe devenu étranger à leur personne ! La littérature pullule de ce genre ! Pierre Daco, en son temps, servait les causes populaires souffrant de cette maladie moderne !

Le plus flagrant de ces trente dernières années (publié en 1996) fut «le bouquin» Truismes de Marie Darrieussecq, lequel n'était autre que le copié-collé intellectualisé de "Métamorphose" de Kafka (revu et adapté, bien entendu) ! Nonobstant, il reçut l'approbation des littérateurs de l'époque qui le couronnèrent de succès primé, en reconnaissance d'une idée révélée de génie insoupçonnée, en ayant transcendé la métempsychose de la bête ! C'est là que nous comprenons que de grands auteurs n'apportent rien à la littérature –Kafka ne se réécrit pas ! Imaginez alors les petits auteurs qui sont supérieurs en nombre, qui se bousculent, se jalousent et se disputent une place que leur assignent les élus de cette littérature, afin d'obtenir une reconnaissance contemporaine : ceux qui raflent les prix décernés sur des critères dont on ne peut plus apprécier la valeur, étant donné que la critique, ici, fonde son jugement sur une tendance sociétale répondant à une actualité dont il faut tenir compte, sous forme d'impératif conventionnel ! Non ! Le dernier Goncourt est une élégante et séduisante supercherie ! La littérature n'a reçu, à cette occasion, aucun enrichissement dans ses fonds baptismaux ! C'est vrai que le crû de l'année de ce prix était pauvre en écrivain ! Par contre, soyons corrects et sincères, ce livre en question est sans aucun doute intéressant, plaisant à lire et durera un temps ; le temps de le retrouver dans les vides greniers à 50 centimes d'euro ! Là, ma critique est incisive, sans pitié, dirions-nous, et condamnant sans appel possible ; puisqu'il s'agit de défendre la littérature ! C'est justement sur ce genre de procès d'intention disons-le comme il se présente, que les risques d'erreurs peuvent dévaloriser le travail de l'auteur qui, en soi, se contente d'écrire, sans pour cela viser un quelconque prix qui honorerait son écriture ! Il nous reste, toutefois le Michel Houellebecq, dévergondé, provocateur, une espèce d'histrion du spectacle issu de celui de Guy Debord, lequel a reçu qui le talent, qui le génie ! Et comme l'expliquait lui-même l'auteur de « Soumission », à propos de ses compositions poétiques « je ne vais pas refaire du Baudelaire ! »

Sartre refusa le prix Nobel de littérature sans mal, puisqu'il était issu d'un milieu bourgeois qu'il combattait tout en y étant intégré ! Tandis que Camus comprit que cette récompense universelle lui revenait de droit, puisque parti de rien, il avait plus qu'un autre, droit à une reconnaissance internationale ! A une espèce d'individu surenchérit de diplômes en l'espèce du sujet qui m'intéresse toujours, lequel individu me conseilla telle ou telle lecture, je lui répondit, tout en le considérant de mon regard couvé dans une compassion proche de la pitié, qu'il me restait moins d'années à vivre que celles que j'avais déjà vécues et que je n'avais pas terminé de lire et d'étudier Aristote, Plotin, Montaigne, Pascal, Taigne, Sainte-Beuve, etc. etc ; et que j'étais entrain de relire Emmanuel Bove uniquement pour le plaisir de lire. Je ne doute point que nos auteurs contemporains soient très intéressants mais que ne l'étant pas moi-même, je ne vois donc aucun intérêt à les côtoyer...de crainte de les ennuyer...

« J'ai certes mes vices et mes faiblesses ; mais c'est pour ce qu'il y a de bon en moi, pour mon goût de droiture, et pour mon indépendance de jugement que j'ai tant irrité de monde dans ma vie et que j'ai provoqué tant de colères. » Sainte-Beuve.

Jean Canal. 5 mai de l'an deux mille dix-sept.


 

L'art difficile de la critique littéraire
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Published by Jcpress - dans Littérature
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14 novembre 2013 4 14 /11 /novembre /2013 18:56

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 "Mais les vrais voyageurs, sont ceux-là seuls qui partent,

 Coeur léger, semblables aux ballons, De leur fatalité, jamais ils ne s'écartent

Et sans savoir pourquoi disent toujours : Allons !"

Charles Baudelaire

 

An Deux mille quatorze. Au joli mois de mai.

"Où allez vous, mon amour, sans Moi ?" Voilà ! C'est fait ! Après tout pourquoi se refuser l'avance des femmes et ne pas fidéliser, enfin, une union avec une femme mariée ?! Elle est à proximité de chez moi ; elle n'a qu'à traverser la rue pour gravir les escaliers qui nous séparent. Elle est jolie ; simple, jeune et maman. Elle est comme je les aime... Je vous raconterai quelques passages de nos ébats vertueux que nous élaborons chaque fois avec plus d'amour...

   Ni Saint-Aubin, avec ses belles jeunes femmes déambulant en tenues printanières, aux poitrines échancrées, ni celles rencontrées aillleurs sur mes chemins de halage, tirant un lourd boulet de vie, ne firent détourner mon regard de celle qui partage des instants avec moi, de temps en temps, le temps de s'aimer. Il y a longtemps que cela ne m'était arrivé ; tellement longtemps que j'ai oublié la Muse, définitivement et toutes celles pour qui j'avais voué une passion frisant la folie !

 

17 septembre 2013. Le carnet de voyage se terminera au premier jour de l'automne, avec la publication d'un recueil de poésies... non pas en relation avec les présents écrits ; mais en hommage à toutes celles qui m'ont inspiré l'écriture ; et elles ne sont pas nombreuses...

Voilà ! Nous touchons à la fin de l'aventure humaine de l'été. L'automne semble attendre impatiemment le moment opportun pour occuper sa place dans cette année qui s'accroche aux quelques mois lui restant à vivre, avec nous bien sûr ! Si ce n'est cet éternel soleil qui brille en permanence sur les côtes méditerranéennes, l'été n'aurait aucune signification propre ; les gens partiraient sans enthousiasme ; ils se persuaderaient d'être en vacances, tout simplement. Le soleil, lui, redonne un nouvel élan à la vie ! Il insuffle de nouvelles perspectives dans l'avenir, ouvrant une vision loin devant soi, délivrant parfois des secrets de l'existence que l'on croyait se résumer à un quotidien banal, inscrit ainsi jusqu'à la fin de ce voyage ! Il n'en est rien ! Tout reste à conquérir... 11 septembre 2013.

 

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6 août 2013. Aix-en-Provence retrouvée telle que je l'avais laissée, il y a de cela presque trente ans ; le Cours Mirabeau et les cafés. L'intérieur du centre ville n'a rien perdu de son charme historique. à suivre.

28 août Rien de plus qu'hier si ce n'est ce que demain sera !

26 août 2013. Dans quatre jours, je serai à Perpignan, à Visa pour l'Image et à Port Vendres pour des bains de mer ; normalement Sandrine vient avec moi ; mais, elle ne peut rester les trois jours que je vais y passer. Reportage et photos vous seront envoyés par le net. Texte et rédaction toujours assurés par mes soins.

25 août 2013. La pluie nous aura trempés, légèrement, néanmoins ; puisque j'avais prévu de sortir, dès mon arrivé chez moi. Siôt les sacs posés, je me rendis sur le Pont Saint-Pierre pour saisir quelques clichés. Il aurait fallu que j'attende qu'une silhouette féminine passât sur le Pont avec un parapluie pour avoir ma photo ; en vain !

21 août 2013. Je vous écris de Toulouse donc où je me trouve pour une durée indéterminée jusqu'à mon retour au village de la Muse ! Je trouve quand même un instant pour vous écrire de là-bas où je suis en repos. Les matins sont différents selon les nuits que je traverse à un rythme lent ou bien agité (je suis ce matin extrêmement épuisé.)! C'est d'ailleurs pour cette raiison que je me recouche...

Bise de Toulouse, Votre bien aimée Jean.

 

13 août 2013. Nuit torride, chaude, sensuelle ; suaves baisers sur la peau frémissante, lèvres déposées sur celles de l'entre jambe suffocantes, haletantes presque... ouvrant, comme les pétales du coquelicot, son antre féminin ! C'est le naturel de l'Amour ; que cela vous déplaise ou pas ! La pratique est toujours pareil, avec quelques variantes... même l'anatomie est identique ! Seule la beauté de l'intelligence ravit et séduit l'autre...enclin à être sentimentalement amoureux ; sans amour, le sexe n'est que du sexe : le plus banal qui soit ; mécanique et organique ; loin du délire euphorique de l'Amour.Bienvenue au mois d'août de la présente année ! En direct de la campagne en Haute-Garonne ; point de noisette, ce matin : point de nuit torride, chaude, sensuelle. C'est l'avant dernière nuit avec l'amour : le rendez-vous officiel avec une maitresse occasionnelle qui avait fini par devenir officielle... C'est la fin de notre histoire et tant mieux...

Nous sommes donc le 10 août 2013. Je n'ai guère envie de consacrer la dernière partie de mon existence à une femme, titrée comme compagne ! Le temps qu'il me reste encore à parcourir est court pour rattraper celui que j'ai perdu...

 

 

 

 

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31 juillet 2013.

Chers Amis,

Je vous écris, comme convenu ; et je sais que vous attendez mes lettres avec impatience... Je me suis arrêté dans un petit café d'un village de campagne, non loin de Toulouse où je suis actuellement. J'ai emménagé ma nouvelle villégiature, comme un nid d'amour... Je pourrais bientôt recevoir la Belle de là-bas... Daignera-t-Elle venir ? En laissant la voiture à la gare de Boussens, le matin, au train de sept heures et quelques, Elle arrivera à Matabiau cinquante minutes après. Je l'attendrai au métro d'où nous prendrons la direction de la sation de mon quartier ; là, cinq minutes plus tard, nous serons à nous aimer à la folie, rattrappant les mois de perdus dont nous fûmes privés par les jaloux... Les amoureux qui s'aiment, s'aimeront toujours... Ne doute pas de mon Amour, Toi !

Ton Jean qui t'aime encore plus qu'hier et moins que demain... 


 

 

23 juillet 2013. Avignon. Les départs sont toujours émouvants. Ceux d'Avignon particulièrement affectifs. Le théâtre à lui seul qui a retenu notre attention au cours de notre séjour, incarne l'image que l'on finit par se faire de cette ville. Il faudrait y revenir en hiver pour constater le contraste qui persiste entre le vestige du passé, immuable et imposant par sa colossale structure et des ruelles vidées de leur public ! Le Palais des Papes recouvre alors son silence légendaire où nul bruit n'atteignit le cœur de l'enceinte, consacré aux prières ! Confinant au jardin situé en amont de l'édifice, l'ancienne prison est désormais en travaux pour une réhabilitation hôtelière de haute classe. Classé parmi les monuments les plus prestigieux d'Avignon, l'endroit est chargé d'histoires ! Les murs imprégnés d'anecdotes mémorables ayant maintes fois couverts les unes de la presse, il faudra être un tantinet attiré par le vice pour y dormir...

 

 

 

16 juillet de l'an XIII, Avignon.

14 h 34 MN

Cour du Barouf, 7, bis rue PAsteur, du 6 au 30 juillet, Le Barouf est donné par l'AIDAS (Académie Internationale des Arts du Spectacle.)

 

Mon Bar. 9H 30mn.

Rencontre insolite avec Marcel Le Guilloux à Mon Bar, aujourd'hui qui me clama :

"On ne fait pas tous les jours bien l'amour."

la ville est moins dense en cette période du festival ; le flux de population conventionnelle de chaque année me paraissait diffus, et les quelques témoignages recueillis à la sauvette, confirment cette constatation. Néanmoins, le lieu reste attractif par le mélange des genres qu'il brasse, chaque année, autour du théâtre. Les pièces proposées semblent de moindre qualité, et, hormis les classiques qui ne vieillissent que sous les traits d'interprétations modernes, le Festival d'Avignon vient de prendre un coût de vieux !

 

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Dix juillet de l'an XIII.

J'étais levé depuis 6 heures au moins ; insomnie de Tristan Corbières ; sommeil agité ; rêve inachevé et fantasme inassouvi... Le lot de ce qui forme le paradoxe des êtres m'était dévolu comme un sortilège ! Instable et pourtant sujet à suivre la première venue, à condition qu'elle soit à mon goût, là où Elle le désirait, je subissais le paroxisme de la vie à laquelle nous avons tous juré fidélité... Je bois donc ma noisette à Mon Bar, là où se produit Marcel, en Café théâtre ! La référence pour moi, à Avignon, restait ce Café dont j'avais connu trois propriétaires... Il faut vous avouez que je découvris le Festival en 1979... puis en 1983... et enfin un suivit irrégulier en 1994 : cela fait quatre ans que je m'y tiens, en me promettant chaque année d'y revenir, malgré les critiques que d'aucuns en font !  à suivre...... 

 

Neuf juillet de l'an XIII.

Les routes de départ mènent toujours au point de convergence de l'arrivée où s'établit l'arrêt final : le terminus du voyage ; c'est ce que nous redoutons inconsciemment, en songeant à la privation que cette sédentarité-ci provoque ! La liberté est une conquête quotidienne : le droit de penser avant tout, d'écrire ensuite, si c'est là le voeu de l'artiste, dessiner, peindre et s'adonner à une pratique artistique qui élèvera son esprit loin du présent ; très loin des autres ; tellement éloigné de leur vision qu'il restera isolé toute sa vie, jusqu'à ce que mort s'ensuive... Je suis ici et là à la fois ! Tout en étant ailleurs, je rejoins le lieu où j'étais et où je suis encore. à suivre...

Huit juillet de l'an XIII.

C'était un port dont la situation géographique lui conférait une valeur historique au regard des siècles qui avaient pu préserver ce patrimoine. Un fronton de mer pour voyageurs épris de liberté. Les bateaux prenaient régulièrement le large, laissant à quai ceux qui hésitaient à changer le cours de leur existence. Les grands aventuriers, eux, s'étaient risqués à quitter leur patrie d'origine. à suivre... 

Dimanche 7 juillet de l'an XIII.

Avignon édition 2013. Le matin est encore chaud quand je me réveille sur les bords du Rhône. Toute la nuit, la musique et les cries de joie firent échos au silence ! Tout le long du fleuve, les voyageurs viennent se reposer au frais en cet endroit mi-ombragé ; malgré les interdictions de stationnement. Pas un pied à terre pour cette année ; la pratique du nomadisme est de rigueur ! Je m'étais donc endormi, seul, à demi-heureux, sur les rives du fleuve, bordé par son lit...

Samedi 6 juillet de l'an XIII.

J'étais désormais momentanément de passage dans un charmant petit village de la Provence de Pagnol, près de Salon, à mi-chemin entre Avignon et Marseille où théoriquement je devais me rendre pour mes derniers reportages ; jouissant toujours d'un pied-à-terre, presque partout où j'allais : quand on est seul, on est plus facilement accepté -ne dérangeant personne... Le lieu où je me trouvais et où la nuit m'avait gardé à coucher ne ravissait nullement mon esprit pour une quelconque inspiration... J'aspirais à photographier la Capitale européenne de la culture : le Sud du Sud ! Cependant, je me devais à mes Hôtes qui tenaient à me garder auprès d'eux pour raconter un bout de ma vie qu'ils connaissaient sur le bout des lèvres..! 

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C'est dans ce village aux accords syllabiques des chants cigales que Jean canal se repose...

 

Vendredi 5 juillet de l'an XIII.

Arles. C'est mon dernier jour et ma dernière nuit. Je pars le coeur gros, laissant derrière moi de jolies souvenirs aussi beaux que ce que tout ce que j'ai vu et moins jolis encore que celles que j'ai rencontrées. Je repars avec la nostalgie de ne pas avoir élu domicile ici, en une ruelle où j'eusse ouvert une échoppe accueillant les férus de l'Originalité ! A Arles, plus qu'ailleurs, sans doute, les gens du même milieu, en l'occurrence la culture, s'échangent points de vue et idées, disputent de l'art et réfléchissent sur la matière qui le compose ; à Arles, le bonjour du matin s'accompagne de conversations versant sur les bienfaits de la vie ; à Arles, les filles ont la couleur du soleil, la peau au goût suave de l'Amour. A Arles, on ne peut vivre entièrement seul ; les endurcis de la solitude ont peu de chance de résister à la convoitise quotidienne. A Arles, lorsque l'on arpente les ruelles, il faut lever les yeux vers le ciel pour voir l'architecture et baisser les yeux pour ne pas les avoir brûlé par les Belles qui vous dévisagent. 

Je songe à Toi, ma Muse ! Je devrais écrire, ô Muse de Moi ! Je t'ai cherchée dans les rues et ruelles, entre les lacis des recoins obscurs de l'ombre de l'été, à Arles, croyant que tu allais apparaître au détour d'une demeure ancestrale de la riche bourgeoisie arlésienne ; tu m'aurais dit, après m'avoir pris dans tes bras, tout en déposant un suave de tes chauds baisers que tu m'eusses dispensé en guise d'Amour, en me citant ce poème de circonstance emprunté à mon ami Rimbaud :

Puis tu te sentiras la joue égratignée...

Un petit baiser, comme une folle araignée,

Te courra par le cou...

Et tu me diras : "Cherche !", en inclinant la tête,

- Et nous prendrons du temps à trouver cette bête

- Qui voyage beaucoup...

 

tu m'eusses dit, dis-je, celà que moi-même dis un jour à une Belle :

"je t'ai trouvé, je te garde ; je ne te rendrai plus à celle qui t'a perdu..."

 

Adieu, mon Bel Amour; Tu vois, je t'emmène partout où je vais ; et quand bien même m'endormirais-je dans les bras d'une autre, je te retrouverai à mon réveil, là, allongée à mes côtés, couvrant entièrement tout ton corps de baisers sans en omettre la moindre partie... de sorte de former un plaid pour te protéger des maux de la vie. Bonjour, Belle Emilie ! Bonjour, mon Bel Amour...

 

 

Jeudi 4 juillet de l'an XIII.

Arles. Le café du matin, c'est l'instant sacralisé par l'existence qui vous sert un soupçon de votre destinée en signe de reconnaissance posthume ; seuls les originaux peuvent recevoir cette offrande de la vie ! Ils savent pertinemment que c'est tôt que le monde se révèle à eux. Moi, j'avais trouvé mon café, place du Forum. Chaque matin, quand bien même m'eût-on invité en des lieux feutrés où les prestations de service fussent enchanteresses, agrémentées par une Belle créature de rêve (il en existe toujours ; c'est cela qui fait que votre âme pose vos yeux sur l'Amour !), j'eusse toujours opté pour l'idéal ! Celui-là même qui me pousse inextricablement vers je ne sais trop quelle folie ! Le midi, aux alentours d'une heures débordant du cadran conventionnel des repas officiels intaurés par cette éducation fort conformiste, je me laissais gagné par les sensations amoureuses que la serveuse du café où j'allais, irrégulièrement, suscité en moi.

"Moi aussi, je suis de Toulouse ! Et j'y suis née ! Mon père aussi." A ces mots ( on croirait lire La Fontaine...), je me lève aussitôt :

"Vous permettez que je vous embrasse..."

"Mais bien sûr..."

Sans commentaire... 

Arles, je t'aime. 

 

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Mercredi 3 juillet de l'an XIII.

3 juillet 13. Arles. Ce soir je me trouve au quartier de la Roquette, connu pour son côté malfamé et historique ; il fait songer au Panier de Marseille. Les quelques clichés que j'ai réalisés vous montreront une autre image que la rumeur malveillante des gens !

Je n'aurai véritablement aucune explication concrète à vous fournir sur les raisons qui me font aimer cette ville d'Arles que les quelques habitants interrogés qualifient, hors micro, envahis par les "arabes..." Quoiqu'il en soit, je suis tombé amoureux d'Elle, définitivement ! Vous savez ce que c'est ? On se croit au-dessus de toutes épreuves, puis les sentiments l'emportent sur la volonté de résister à la tentation de l'aimer... Moi, j'aime Arles ! Je l'aime contre tout ! Mon lieu préféré, la Place du Forum où je dois me rendre demain matin pour une conférence ; pour ce soir, je n'ai d'invitation à des cocktails... des soirées photographiques. rien de bien surexcitant !

C'est incroyable la densité de la population en cette période ! Il faudrait que j'y revienne en hiver... Je peux vous dire que, ici, les femmes sont encore plus belles qu'ailleurs, avec la chaleur qui les oblige à se vétir légèrement... Et si vous ne les courtisez pas, ceux sont elles qui tiennent absolument à faire un brin de causette : "ce soir, il y a une projection au... Vous devriez y aller ; c'est très intéressant !" Ici, les femmes et les filles parlent ! Plus qu'ailleurs, elles vous abordent et vous parlent d etout et de rien, histoire de parler et de savoir qui vous êtes !

A demain.......................................................

 

 

Arles ! Citée antique implantée au bord du Rhône qui tente de vous retenir, le temps de contracter une affinité avec Elle : une ville de Provence où Mistral et Van Gogh se sont sans doute retrouvés dans les lumières pâles du matin et criardes de l'après-midi avec les couleurs ocres jaunes pigmentées qui ornent les façades ravalées, le tout vécu en une nonchalance de vie insolite. Enchevêtrées en un lacis de ruelles qui s'entremêlent jusqu'au centre où trône la Place de la République, symbole de la Liberté, La pierre prédomine dans l'édification de la ville restée antique. Elle ne semble pas offrir tellement de réjouissance en dehors des visites que l'on lui fait, les périodes de grandes manifestations, comme celle qui m'emmenait ici ; c'est dans le passé qu'il faut chercher les raisons de son histoire. Rome présente en ces lieux lui a donné ses lettres de noblesse, ne serait-ce que par son Théâtre antique et les thermes de Constantin ; mais la visite ne saurait s'arrêter à ces lieux ; l'amphithéâtre prédomine de ses hauteurs où se ruent le visiteurs attirés par la majesté de cet édifice. Et sur la rive gauche du fleuve, le quai de la Roquette vous invite à le suivre jusqu'au musée consacré cette année encore à la photographie. Et aux hasards de vos pas vous n'aurez cesse de faire halte devant chaque monument bâti de pierre, tellement vous vous sentez interpellé par la magnificence de la construction. Les habitants sont comme ceux d'ailleurs ; sauf qu'ils sont d'ici ! C'est ce qui fait toute la diférence. 

A suivre....

IMG 8909 - Copie

Le Marathon des mots pas à pas vécu par Jean Canal, ce dimanche 30 juin ! J'avais le choix entre Fanny Cotenson et PPDA ; la première lit des textes aux Jacobins, l'autre donne conférence rue du Sénéchal, dans la salle qui porte le nom de cette rue, où je vécus jadis. J'avais fait l'expérience ailleurs d'écouter des lectures d'auteurs. M'étant énormément ennuyé, je préférais entendre les auteurs eux-mêmes lirent leurs livres, comme c'est le cas à Lodève... Mes trois années passées à cette manifestation avaient enrichi mon esprit critique au sujet des Auteurs ! Je restais séduit, voire ému devant les lectures de textes arabes ; de la poésie en l'occurrence traduite simultanément... Pour cette année, le Marathon des mots de Toulouse n'eut pas mon agrément pour collaborer au niveau de la publication dans la presse ! Ni photo, ni reportage et aucune critique ne seront publiés. Et pourtant je suis allongé sur la Place du Capitole, dans un Transat mis à la disposition des gens qui veulent lire et éventuellement écrire. Le mien est affublé des logo France Culture... Tout un programme... Allez salut ! 

Et la semaine prochaine, je serai à Arles, puis MArseille... Aix-en-Provence... Toulouse... Arles...Avignon...Montepellier...Lodève...Aurillac...Toulouse...Puis retour au village de la Muse...

Il faut que je vous conte l'historiette de ce matin du 27 juin an XIII, aux alentours de dix heures et quelques minutes passim. J'avais rendez-vous avec une jeune fille, sans savoir que ce serait elle qui me recevrait. Je me présente à elle sous l'étiquette de photographe, ayant une expérience de vingt ans ; photographe de mariage chez "j'aime mariage" (c'est moi qui couvrit l'événement de Jean-Bernard, le boucher de Saint-Martory), Directeur de la photographie chez Picture durant trois ans et travaillant le plus souvent au black !!!, j'avais, mon site étayant mon expérience, des références indéniables ; sans oublier les nombreuses expositions que je fis au Mexique, en Suisse, en Allemagne et en France ; à Toulouse. Bref ! On pouvait compter sur moi pour vous croquer le portrait... et vous le manger... Au bout de quelques instants, je sors ma carte où une photographie de moi en autoportrait figure ; on me voit derrière le Canon en reflet d'un miroir. La jeune fille regarde la photo et me dit :

"c'est vous là ?"

"Oui ! c'est moi !"

"Il y a longtemps, réplique la belle, vous n'aviez pas les cheveux blancs..."

Voilà ! J'espère que vous avais compris. Je vous demanderai de ne parler à personne de cette histoire ; car vous connaissez les mauvaises langues, elles vont encore l'exploiter à mauvais escient...

En rentrant, le sourire aux lèvres, (puisque sa remarque fut joliment formulée), je me scandais des vers de Rimbaud que je connaissais par coeur :

Jean Canal en 1977. Surtout n'en parler à personne...

file a 39

"Oisive jeunesse

A tout assservi

Par délicatesse

J'ai perdu ma vie"

 

Fidèle à cette existence que j'avais idéalement conçue selon une philosophie antique, je continuais donc mon aventure terrestre au coeur de la contemporanéité, confrontant ma vie avec celles d'individus appartenant aux normes sociales ! Chaque pas que j'agençais l'un derrière l'autre en prenant soin de ne pas brusquer la belle allure désinvolte qui me caractérisait toujours, me rapprochaient un peu plus de la vérité éternellement recherchée par les êtres voués à cette triste cause qu'est la Liberté ! Ainsi, totalement consacré à confiner aux limites de la raison, je donnais libre cours à mes envies ; sollicité par de belles créatures pour lesquelles je sacrifiais mon corps sur l'autel de l'Amour ! Ma première Rencontre fut célébrée à Toulouse, ma ville où je vis le jour, il y a de cela fort longtemps ! La cité occitane me devint encore plus belle ce 21 juin de la présente année où je ressentis le besoin d'émancipation soudaine pour éclore en moi tout le devenir qui sommeillait toujours au fond de mon être. La nuit fut douce, sensuelle et suffisamment érotique pour que ma vertueuse personne en gardât précieusement un souvenir mémorable, d'ores et déjà classé dans le registre du souvenir ; comme tant d'autres aventures impromptues, il nourrira mon esprit béatifié par l'image de la féminité que je cultive ! à suivre, bientôt à Arles... à la recherche de la Muse perdue...

"L'amour est à réinventer !" Rimbaud.

IMG 1950 

Carnet de voyage.
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Published by Jean Canal - dans Littérature
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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 17:14

Lecture de poèmes tirés du Buveur de Coquelicots édité chez les frères Loubet en 1996. Lauragais.

Il serait prétentieux, au pis hautain, de vouloir émettre des critiques sur la littérature contemporaine, du moins sur cet intitulé qui se veut ainsi distingué pour prétendre à un titre que l'on dispensait, jadis, à ceux qui avaient fait leurs Humanités, comme l'entendait Diderot ! Des Lettres, il ne demeure, désormais, que celles qui ne reprennent point ce qui fut déjà écrit en amont de cet art ; et bien écrit. Depuis l'Iliade, les récits se sont distingués par leur singularité épisodique à travers les épopées historiques d'une mythologie qui exhaussa l'élève vers l’excellence du goût : ce dernier s'étant étiolé avec le temps enclin à épouser d'autres idéals, dévolus plus particulièrement aux affaires tout court ! Il est vrai, cependant, que jusqu'à Proust, on confine à la magnificence de l'écriture, aussi lancinante fût-elle ; l'écrivain ainsi nommé ajoute à la littérature en lui conférant une vertu qui la valorise dans son style ! Le latin et le Grec ancien ont conjointement accompagné en pédagogue l'élève nourri aux vers de Virgile, d'Ovide et tant d'autres auteurs, témoins d'une époque, d'époques que l'Histoire légua en signe de postérité ! La langue grecque fut considérée comme synonyme de valeur intrinsèque à la philosophie ; bien que les récits de Sophocle et d’Eschyle, pour ne citer que les plus éminents littérateurs, laissèrent à Racine la source des pièces classiques que les XVII et XVIII siècles mirent en scène à la cour royale ! Il ne faut rien regretter, ne point entretenir de remords, voire nourrir de rancune à l'encontre des sociétés qui se sont succédé, persuadées d'avancer conformément au progrès ! Nous sommes responsables de cette perte dont les vertus se cultivent encore en des milieux privés, classés parmi les élites qui elles-mêmes se lassent d'un tel labeur ! Une littérature renaît des cendres de la précédente qui exhume du passé quelques restes ! Aujourd'hui, ancrés dans la contemporanéité vouée à produire de l'écriture axée sur des pôles égocentriques poussés à l'extrême, les écrivains se regardent le nombril en ayant cette impression d'être les messagers d'une aventure exceptionnelle entièrement vécue ! La vie des autres, banals soient-ils, eux, dans leur existence, est donc sensée apporter à l'infortune collective la réponse psychologique qu'une majorité bien pensante dépose en signe de devoir au sein de la société ! Certes, il en est qui confinent au génie sans jamais l'atteindre, cependant. On les couronne pour leur talent qui s'inscrit dans l'expectative de ce que le lectorat attend d'autrui ! Chacun s'y retrouve un peu. Certains se découvrent une personnalité dont ils ne soupçonnaient nullement l'existence ! Il y a les gâtés de la littérature : ceux et celles (la distinction est importante à ce degré de critique) qui se la racontent à travers des fantasmes, formulés en cauchemars diurnes... La littérature d'autrefois n'a plus de raison d'exister. Sa place fut archivée. L'essentiel est d'écrire, sans s'écarter des règles orthographique, grammaticales, syntaxiques tout en préservant son style de la critique facile attribuée à des petits ! Jean Canal. Mars 2016.

ARTICLES LITTERAIRES PUBLIES DANS LA PRESSE.

LE CAFE LITTERAIRE DE MIREPOIX

CAFE LITTERAIRE AU CONSUL

Théâtre de Cour dans le lit de la justice. Le Procès de Charles Baudelaire "joué" par des pairs du barreau.

Jusqu'à Marcel Proust, toute la littérature s'inspirait de l'œuvre de Balzac. Après l'auteur de "A l'ombre des jeunes filles en fleur", recit-de-voyage---jean-canal.jpgles écrivains, toute tendance confondue, libèrent la langue du vocabulaire conventionnel qui l'avait enfermée depuis l'âge classique dans des formes rigides. Appolinaire, les Dadaiste et les Surréalistes lui ont donné un autre sens ! Aujourd'hui, bien que le phénomène se fût démocratisé, les écrivains sont rares par leur style, comme le fussent Balzac, Proust et Louis Ferdinand Céline. Le style est l'expression de l'esprit même qui n'a pour inspiration que ce que l'âme ressent à travers les sentiments.

Chaque année, les Maisons d'Editions publient un nombre impressionnant d'ouvrages dont soixante dix pour cent n'apportent aucune richesse à la littérature appauvrie de fait. Les prix, comme le Goncourt, valorisent cependant, ce qui y prétendent ; Houellbecq est de ceux-là ! Le métier d'écrivain n'existe plus ; rares sont ceux qui peuvent, de nos jours, vivre uniquement de leur plume. Il ne faut pas s'attendre à rencontrer une nouvelle forme de littérature qui ajouterait à cette culture un style nouveau. Une certaine époque du titre d'écrivain est révolue définitivement : il n' y en a plus ! Les thèmes se réécrivent régulièrement avec plus ou moins d'emphase. La presse et l'appareil médiatique se saisissent à chaque occasion des nouvelles rentrées littéraires pour valoriser quelques tires alors encensés par le Relationnel favorisant les éditions que la postérité jettera dans la trappes des oubliettes...

A partir de quels critères, peut-on et doit-on considérer qu'un écrit est de la littérature. De surcroît le couronnement d'une oeuvre dans son intégralité est souvent sanctionné par le descernement d'un prix prestigieux comme celui attribué par le Concourt et jadis le Falguière. Cette distinction assure la pérennité à l'auteur dans le cercle très fermé de la littérature et éventuellement sa postérité ! Les best sellers sont-ils à ce titre inscrits dans la même lignée culturelle ? En quelques mots, la littérature est-elle un sujet de notoriété relative à ses ventes ?! L'histoire, heureusement préserva les meilleurs de l'oubli ; quand bien même certains à peine connus eussent-ils demeuré dans l'anonymat...

 

Ecrire pour ne pas être oublié. 31 mars 2015.

Est-ce réellement ce que la plupart des auteurs pense en écrivant ? Certains n'ont cure de la postérité ; leur soucis premier, si tant est qu'ils en aient un, serait la publication, la vente et les émoluments qu'ils retirent de leurs oeuvres. La reconnaissance posthume adviendra selon des paramètres qui échappent à tous, y compris les Maisons d'Edition qui quelquefois fabriquent des auteurs ! De mémoire de Gallimard, il faut publier parce que cette démarche s'inscrit dans le culte de la culture littéraire ! Les Camus, les Sartre, les Louis Ferdinand Céline, les Sartre et les Camus pour ne citer que les plus éminents écrivains du milieu du XX° siècle, llesquels ont apporté un élément nouveau dans la littérature, ces écrivains-ci, eux, ont enrichi les Lettres ! 

 

Lettres à une jeune Inconnue ; la Fille du Sud !

En allant vers le Sud, ô mon bel Amour de là-bas, ce sont des lumières opalines et claires qui émergent dans les ciels bleus de l'azur qui me ramènent auprès de Toi ! Toi que je voudrais oublier ! Toi que j'aimerais détester ! Et Toi qui comme moi ne peux me chasser de tes pensées ! Je t'aime toujours, sais-tu ?, comme avant... Ce sentiment que j'ai pour Toi est différent de celui que je porte aux autres. Il nous appartient ; "c'est notre enfant" : un enfant avorté d'une histoire d'amour que nous n'avons pu vivre ! Je t'aime, ô ma Muse ! Et je t'aimerai toute ma vie ! Je suis forcé de me l'avouer, comme un adolescent qui veut cacher les sentiments éprouvés pour sa Belle ! Je ne peux, hélas ! point me renier et parjurer sur les sentiments que je te porte toujours ! C'est étrange cette sensation qui me vient lorsque je ne te vois plus, quand de ma vue, ayant subrepticement disparu, tu te caches, honteuse de m'avoir dédaigné, de m'avoir délaissé pour un autre amant... J'ai toujours tout su, avec des détails qui te feraient rougir, pâlir même. Tu t'es trompée, encore une fois ; parce que "on" t'a trompée sur Toi et sur Moi. On te mens sur tout ! Sois prudente, Amour ! On te surveille et on t'épie... Nous avons été trahis, mon Amour ! J'écris beaucoup sur Toi ! J'ai rédigé maintes lettres que je n'ai pu poster de crainte du scandale qui t'atteindrait ! Je t'aime toujours et encore ! Et je t'en veux de m'avoir fait ces quelques infidélités qui ne reposaient que sur du sexe dont tu étais avide, momentanément... Je me rapproche de Toi, en allant vers le Sud ; car c'est bien de là-bas que tu viens, n'est-ce-pas ?! Ton âme semble y être un peu restée. Ô mon bel Amour ! Ma Muse ! Je t'aime toujours et encore...    

L'épistolier.

Gustave Malher et Alma

Adorno souligna l'originalité du compositeur dans la création. La neuvième symphonie ne semble-t-elle pas être une plainte lancinante qui révèle la douleur immense de l'être déchu des sentiments d'Amour qu'il portait à la belle Alma ? Ces dernières minutes qui durent dans l'adagio de souffrance du compositeur lui annoncent la fin de sa vie sentimentale. Gustave Malher est devenu le virtuose de la tragédie romanesque, dans le monde sentimental de l'Amour. Comme il s'écarta du monde, lui aussi, disant en quelque sorte adieu à ses contemporains, chez lesquels il ne trouva jamais écho à ses aspirations poétiques. De symphonie en symphonie cet être hors du commun semble se mouvoir dans un espace circonscrit à sa solitude : nourriture à la fois spirituelle, intellectuelle et dans ce cas présent musicale. C'est de là que naît le génie : du silence profond qui, montant des abysses de l'âme vouée à la passion, inspire la création. L'écriture musicale ou bien littéraire demande des sacrifices à la vie que leurs auteurs consentent volontiers, comme s'ils convolaient en épousailles avec un être parfait en plénitude, reflétant l'image de soi-même ! Il faut savoir renoncer aux égarements de l'âme distraite par les fantômes présents en son esprit ; Malher se retira de la société qui lui devint soudainement insipide et sans valeur ! (à écouter : Ich bin der Welt abhanden gekommen). Il dit adieu au monde, sans regret, ni remords, comme s'il eût été invité à séjourner auprès des Dieux grecs de l'Olympe. Jean Canal 24/05/2011.

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"L'eau et les rêves" de Gaston Bachelard. Le philosophe est assis derrière son bureau, chez lui, dans un appartement modeste de la capitale parisienne. Légèrement atteint de surdité, il fait répéter les mots à son interlocuteur. Sa longue barbe blanche semble couler comme une rivière. Ses cheveux hirsutes lui confèrent les aspects du penseur livré au processus du temps. Il a le visage de l'intelligence intellectuelle qui caractérise les êtres ayant reçu la félicité de l'esprit et la grandeur de l'âme. Nous sommes dans les années cinquante, moribondes. Il n'enseigne plus, a écrit la plupart de ses livres et se prépare à entrer dans la postérité. Un reportage lui est consacré, avant qu'il ne disparaisse. Le journaliste qui l'interroge, lui demande s'il faut l'appeler "maître"? "Non, non, c'est fini", lui répond l'illustre philosophe qui s'est attaché durant toute sa vie à étudier les relations existantes entre les éléments naturels et l'être. Les ouvrages d'étude de la psychanalyse qui sont signés par le maître, s'insinuent au plus profond des remous sensoriels de la nature humaine. On songe à Mahler, un autre grand élu de la composition symphonique, lequel s'imprégna de la nature pour créer.

 Là, où d'aucuns y percevraient une banale atmosphère de montagne épurée, ancrée dans ses ressources originelles, recouvrant ainsi ses propres beautés naturelles, d'autres, enclins à une vision transcendant le présent, au-delà des concepts stéréotypés de l'analyse hégélienne et surtout très loin des turpitudes contemporaines, y ressentent une profonde sensation de relation avec l'imaginaire dont ils extraient la force créatrice ! Toute la puissance de cette interprétation repose sur les éléments qui composent l'entité de l'être, lesquels produisent l'inspiration nécessaire à la composition, à la création et l'imagination ; qu'elle soit poétique ou musicale, ou bien versée dans une toute autre forme d'art. Ici, seul le violoncelle conviendrait pour une telle occurrence... princière et magistrale en une mélancolie spirituelle... s'approchant du Spleen baudelairien. Jean Canal 19 septembre 2011.        

Nature/Culture : deux éléments fondamentaux pour préserver la raison du déséquilibre causé par les sociétés ! Avec l'âge classique de la philosophie, au demeurant l'étude de la littérature et des Sciences Humaines, dans le contexte Universitaire, la raison, au sens profond du terme, se nourrit essentiellement de ces deux éléments qui lui permettent de comparer de façon manichéenne les parties antinomiques de la pensée. C'est ce qu'on appelle, plus communément, la remise en question des idées prévalant sur l'ordre du jour ! Le jugement intellectuel, un tant soi peu critique dans son analyse, révèle le dysfonctionnement des réactions qui composent la rationalité de la pensée. Que ce fût dans l'Art, pris au sens large, ou bien au cœur des Lettres, incluant la philosophie (bien que cette dernière fût rattachée plus au raisonnement mathématique), le raisonnement échappe toujours à l'ensemble de la communauté quand elle est dirigée par une seule entité -l'exemple politique en est le plus significatif. Il incarne l'esprit de coercition entre les belligérants des idées politiques opposées qui fournissent la matière à la pensée. L'observation effectuée au sein même des populations actives, issues de tous milieux sociaux, avec ou sans culture, est intéressante en ce sens, car elle révèle la tare prédominante qui les maintient dans un état intentionnel du Pouvoir. L'absence de raisonnement individuel, complètement détaché d'intérêt communautaire, l'incapacité de déduction personnelle relative à un vecteur de données, tout cela atteste d'un malaise global des communautés vouées à adopter l'esprit général de ce raisonnement privé de son essence même. La ressource cruciale qui peut encore apporter un tantinet de lucidité dans un monde complètement sclérosé, réside toujours dans ces références élémentaires de l'individualisme positif dont Mounier fit preuve, en développant paradoxalement un Esprit planétaire.

Les femmes seules sont-elles abandonnées des hommes ? Désirant obtenir une complète indépendance, elles se sont volontairement séparées de cette entité qui constitue leur moitié : l'homme ! Ces femmes proches de la quarantaine et parfois plus qui vivent seules avec ou sans enfant sont elles réellement heureuses ? La réponse est sans appel : Non ! Quand bien même afficheraient-elles une superbe à l'encontre de la masculinité, elles souffrent, dans les profondeurs de leur intimité ; car le bonheur habite leur imaginaire. Elles y ont cru et se laissent docilement convaincre qu'il existe toujours, quelque part. L'être en parfaite adéquation avec les sensibilités féminines végète bien à l'endroit où elle ne l'attendent pas ; c'est toute la difficulté des rencontres : tomber sur la personne qui serait à même de me comprendre, m'aimer et surtout être présent quand j'ai besoin de Lui !

"Je veux vivre une histoire d'amour, plutôt que me retrouver dans un lit avec quelqu'un qui ne m'apporterait que du sexe, explique X. Les hommes, je connais ! Je veux du vrai, du pur, du beau !"

Elles espèrent tout de même rencontrer l'âme sœur, l'homme qui enfin les rendrait heureuses ; car le bonheur reste ce à quoi elles aspirent le plus.

C'est fréquent, chez ces femmes émancipées qui n'ont plus rien à attendre des hommes qui ne soient déjà connus d'elles. Dans le fond, la société ayant accentué la désolation des relations, ces femmes aspirent à rencontrer un seul amour où les sentiments primeraient sur des sensations éphémères. Néanmoins, très autonomes et indépendantes, elles cultivent une ambivalence sentimentale qui déstabilise psychologiquement leur équilibre. C'est le mal de ce début de siècle ; et pendant cette perte de temps, les années passent inéluctablement et elles vieillissent. Conscientes du mal irréversible qui amenuise leur beauté, elles éprouvent un ressenti profond d'échec que la vie leur révèle, au fil des expériences infructueuses de leur sexualité épanouie. Jean Canal, réflexion sur une rencontre féminine. Revu le 21/09/2011.

Le pathétique en amour. Les femmes sont des curiosités esthétiques. Des êtres enclins à la versatilité, voire imprévisibles dans leur comportement indécis ! Elles présentent toutes les caractéristiques recherchées par la masculinité qui ne peut en déterminer le caractère ! Ne sachant exprimer leur sensibilité, les femmes sont indifférentes à la douleur des hommes ! Aussi abrupte qu'elle pourrait paraître cette affirmation ne se veut pas provocante, mais, hélas ! réaliste en certitude... Ce qui ne leur enlève rien à l'amour qu'elles savent prodiguer, à la mesure de leur propension sentimentale. Ces êtres étranges qui expriment leur amour sans en donner de raison signifiée, raison que seul le cœur connaît, sont "réglés" sur l'intuition, subodorant le spécimen à apprivoiser. Elles présentent même des aspects curieux... intéressants d'ailleurs pour l'homme, ainsi avantagé : phénomène qu'il serait vain d'essayer de comprendre. Elles sont le plus souvent animées par une intériorité variante qui les incite à prendre des décisions inattendues pour les hommes ! On en a vu être en prise avec des spéculations imaginatives informulées dans leur désir d'amour. Complètement différentes des hommes, elles les veulent auprès d'elles comme une curiosité esthétique... Jean Canal 6 juin 2011. (photographie : Eve Arnold ; Moscou, 1966. Divorce. Détail de la photo recadrée).  

Lodève. Presselibre.fr a tenu le pavé dans la ville de Lodève à l'occasion du quatorzième festival de poésies :  lecture arabe au cloître.

Puis arriva Adeline Yzac, au Cloître, pour une lecture à la chandelle. Pour ceux qui aiment la Littérature avec une majuscule au milieu des phrases, eh bien Adeline Yzac leur livrera une écriture qui n'a sa comparaison que chez Balzac et un tantinet chez Proust ! C'est vous dire si la lecture des quelques pages qu'elle fit le soir du lundi 18 juillet, dès 21 heures, fut une révélation pour ceux qui croyaient que la Littérature fut moribonde ; Adeline se tint à son chevet, la préservant de sa défunte finalité...

Prison. La ville d'Avignon s'est portée acquéreur de son patrimoine carcéral ! Ancienne Maison d'Arrêt située rue Bannasterie, la prison Sainte Anne notoirement connue des avignonnais, pour son histoire tristement liée au Palais des Papes, (elle est adossée au jardin du Palais) va être transformé en hôtel étoilé pour une clientèle en manque de sensations fortes. Le Festival sera l'opportunité de descendre dans cette villégiature haut de gamme, réhabilitée dans sa forme ; car le fond demeure intact ! Et lorsque l'on sait que des condamnés à morts furent exécutés en cet endroit-même...

Payer le prix fort pour passer une nuit en cellule..., cela ne s'était jamais encore vu ! Mais que ne ferait-on pas pour goutter au saveur du crime ! Jean Canal 28 juillet 2011. 

Le off du OFF.

En 1967, Jean Vilar rappelait l'importance que le Festival restât populaire. A l'époque il n'était subventionné que par la ville d'Avignon. Plus de quarante ans après cette allocution à un journaliste officiel, le Festival d'Avignon se produit en une infime partie dans la rue, devenant le off du OFF ; ce dernier étant officialisé par la fréquentation qu'il suscite. Il arrive quelquefois que des représentations scéniques, données à même le parvis du Palais des Papes, dépassent la majesté de l'édifice et confinent à l'art esthétique des amphithéâtres de l'antiquité (Sophocle, Eschyle et Euripide) ; ainsi, le théâtre traditionnel ne soupçonne pas la richesse qui se donne en opulence, au-devant de ses portes IN-OFF. C'est le cas de la Compagnie Utervision (Utervision Compagnie Japan) qui présenta une œuvre peu commune dans le répertoire festivalier officiel.

Durant trente minutes, le souffle vous est retenu en haleine par l'intensité de cette pièce jouée en un seul acte, entrecoupée de phases successives historiques, inscrites dans l'après Hiroshima-Nagasaki, et cela dans un contexte de réalité contemporaine, décors oblige. Sensualité et amour étant au rendez-vous, on s'émeut alors pour un Japon, encore meurtri..

Le Festival d'Avignon touche à sa fin, les festivaliers et les artistes quittent les scènes, laissant derrière eux, les uns autant que les autres, des impressions de regrets, voire de nostalgie suscités par les moments magiques du théâtre. "L'Homme de paille" est l'un de ces spectacles contés que les enfants et les adultes n'oublieront pas de sitôt. La richesse dans la représentation scénique reste, nonobstant, cette innovation que l'on ne trouve que dans la création ! Les auteurs revoyant des œuvres majeures dans le répertoire classique, en corrigeant la mise en scène, présentent souvent des adaptations médiocres qui leur garantissent un public versé dans la curiosité esthétique. Ainsi, au gré de nos déambulations, nous avons rencontré les mécènes des planches qui incarnent des figures emblématiques de la pensée, tels Pascal, Montesquieu, Rousseau, voltaire etc. Ce serait faire fi des idées qui appartiennent à leurs auteurs. L'art de la scène s'affuble parfois d'oripeaux pour attirer le chaland dans son antre fantastique ; puisque le théâtre revêt des aspects mystérieux que les acteurs, bons ou mauvais, valorisent afin d'encenser la réalité. 

In principum verbam erat aurions-nous pu intituler cette pièce de théâtre engagé qui n'en n'est pas une d'ailleurs. Fragments d'un Temps bientôt révolu est son titre ! Elle ne se jouait pas mais se déroulait à l'Espace Saint Martial. C'est une espèce de pamphlet social : un pavé révolutionnaire tombé dans l'eau volontairement, ayant éclaboussé les passants élégamment vêtus... On imagine la réplique : 

"Mince alors, vous ne pouvez pas faire attention, non !?" 

"Non, justement. Il ne faut plus faire attention à tout !"

 Cette mise en scène qui nous prend à partie directement, sans ambages, frappe par son réalisme contemporain, incisif, taillant dans l'actualité des parts de responsabilité à chacun, allant même jusqu'à interpeller le spectateur pour qu'il s'explique enfin sur son activité quotidienne dans la société, sa collaboration à un système qui l'asservit. Il faut qu'il rende des comptes à tout le monde et surtout à lui-même ! S'il le peut ! Mais non rien ! Pas de réplique. Pas de réaction en chaîne ou d'admonestations vitupérées contre ceux qu'il considère être coupables. Le pire c'est qu'il en fait partie. Et il le sait ! En évoquant tous les thèmes qui incombent aux citoyens et donc à eux-mêmes, toutes obédiences politiques incluses, dirions-nous, pour rester dans le sujet, ces acteurs passent en revue l'actualité, engagement idéaliste y compris, sans apporter de solution aux problèmes de fond ; car le problème c'est Nous !  

Les Femmes dans l'amour.

Quel regard portent-elles sur l'homme ? La beauté selon Plotin est cette référence indéniable par laquelle le cœur s'émeut. Elle est sublimée par l'esthétique qui l'habille et la revêtit de superficiel, dans la mesure où est éphémère le corps, les couleurs et les formes qui le composent, lui conférant ainsi cette splendide allure tant convoitée par les hommes enclins à l'avidité charnelle. Une autre beauté pourtant existe, imperceptible pour ceux qui, aveuglés par l'esthétisme épuré, voient au-delà de la configuration corporelle de la femme ; laquelle étant située au-dessus de toutes celles qui sont sensées incarner la beauté évoquée, se pose comme l'unique.

Celle plus précisément qui n'est visible que par les sens de l'âme, ne se révèle que tardivement, avec suffisamment de recul sur les êtres qui furent la primeur des sentiments d'un amour chaste. Cette beauté, évoquée par Plotin, découle d'un naturel dont les êtres normalement constitués sont hélas privés, voués à se recomposer indéfiniment avec des artifices péremptoires. "Voyage dans le sublime" (extrait) Jean Canal 14 juin 2011.

Les lignes dans l'espace temporel. Quel sens donner à l'art dans sa perspective géométrique présente en toutes œuvres, que ce soit de la plasticité des modèles modernes issus du Contemporain ou bien de cette forme figée par les courants classiques inscrits dans les successives époques qui l'ont sanctionné, en éprouvant des méthodes révolutionnaires, (Duchamp), ou bien relevant du génie (Picasso) -il s'agit de l'Art ? Son expression est toujours sujette à caution, dirions-nous, en ce sens, notamment, que sa qualité repose sur l'appartenance à une valeur propre à l'artiste, véhiculée à travers une intuition toute personnelle en formulant bien souvent dans l'abstraction de la composition organique de son chef-d'œuvre, si tant est qu'il en fût reconnu comme tel, sa définition ! L'application de traits géométriques élaborés dans l'espace circonscrit sur une surface donnée répond-t-elle aux limites de l'exploitation de la composition qui confine elle-même aux capacités d'exigences de l'inspiration ? Et si l'artiste achève son travail à un moment donné quand il considère l'œuvre terminée, satisfait-il entièrement cette volonté de dépeindre un thème qui restera éternellement informel dans sa finalité, mais fini pour l'art ? !

Au même titre que l'écriture sa consœur, les limites se manifestent à un moment donné de la création dont l'artiste (ici pris au sens large) a besoin pour mettre en œuvre son dessein. Il faut en finir avec la création qui eut une fin échelonnée sur sept jours, comme le précise la Genèse. A l'instar de celui qui se veut le père de toute chose, à son image près, l'artiste est-il le reflet de lui-même ou l'incarnation de l'autre : celui qui lui insuffle son œuvre magistrale dans ce fait de passer le seuil de la postérité ! Jean Canal, "Réflexion spontanée sur le dessin composé." 09/07/2011.

La modernité dépassée.

Les Artistes. Mi-artisans, par l'application d'une méthode ayant recours à la fabrication, mi-artistes par l'inspiration qui insuffle au travail la forme qu'il prendra, les artistes néo postmodernes mènent une lutte infinie avec les matières issues de la société of consommation par laquelle ils reconnaissent leur paternité. S'essayant dans des styles où la maîtrise leur échappe, ils procèdent à des applications le plus souvent infantiles qui traduisent une psychose personnelle en manque d'assouvissement. La recherche constante de créations nouvelles les conduit vers cette maïeutique de l'art qui ne fait que confiner à l'absolu ; presque toujours inachevée, l'œuvre extraite de cette créativité tend à révéler l'impossibilité pour l'artiste à exprimer son devenir dans le présent ! Salvator Daly eût juger avec sévérité judicieuse nos contemporains ! Jean Canal de la critique d'un artiste. 24 mars 2010

Il semblerait que la recherche de la matière touchât à sa fin ! Les supports formés de rebus transformés et simplement travaillés à même l'état brut, se sont eux aussi banalisés ; ils furent exploités à volonté pour traduire l'inspiration de l'artiste, lui-même en devenir par rapport à la matière devenant sienne. C'est le support qui aurait une grande ascendance sur l'œuvre, du moins dans cet art redevenu premier ; puisque expliqué de façon brute et présenté comme tel ! Il ne suffit plus de voir et de tenter d'en déduire quelque chose de créé ; mais y déceler la part intrinsèque qui donne à l'artiste toute son autorité pour transformer tout ce qu'il va toucher en œuvre d'art !  Et s'arroger le droit, au nom d'une certaine postérité, du titre conféré par la création pure. jean Canal 18/03/10

De la critique dans l'art. La critique n'a pas pour objet de détruire une œuvre et son auteur, comme d'aucuns, plus à même de faire dans la gratuité, se délectent en comparaisons subjectives de l'art. Il est vrai, néanmoins, que l'art, pris dans son entité, admet des normes ; non pas celles fixées par les mécènes (car elles sont indispensables pour la survie de l'artiste), mais celles issues de l'inspiration que le génie insuffle à un instant opportun où la révélation confine à la vérité et, évidemment, à la beauté. Je ne citerai pas ici, dans ce fragment de phrase, l'allusion que Plotin fit dans un texte qui traite de façon très exhaustive, de ce sujet ; car, je te le dis lecteur, je ne partage pas les secrets que l'antiquité me confia pour une transmission sélective... Donc, pour revenir à ce qui nous préoccupe, loin des miasmes de basses souches dans les quels se complait l'engeance des ivrognes de l'âme, l'art, tracé dans les lignes platoniciennes de cette beauté universelle, se définit tout simplement par lui-même, par sa réalité, par son existence et la symbiose qu'il fait avec le monde extérieur des éléments. Il se suffit à lui-même et n'a donc pas besoin de critique qui ne ferait que encenser sa réalisation. C'est en ce sens que Kandisky séduit, lorsqu'il dissèque le concept de l'art ! Jean Canal 16 mars 2010

La culture design. C'est avéré ! La culture et le design se mêlent et se confondent harmonieusement autant, si ce n'est mieux, que la Rhétorique et la Sophistique, que dans le vocabulaire des dirigeants politiques, et, notamment, de ceux qui nous dirigent! L'art du beau, révélé à travers l'œuvre contemporaine des exposants de déballages artistiques, se fond dans la forme que les nouveaux concepteurs valorisent ! Cette nouvelle tendance qui naquit avec Marcel Duchamp, snobe l'application platonicienne de l'art qui cultive le beau dans l'espace géométrique ! Vendue à plusieurs millions d'euros, une œuvre reposant sur la seule idée de l'artiste l'emporte haut la main, chez les nouveaux riches du matérialisme avant-gardiste ! Cette nouvelle forme conceptuelle de l'art s'inscrit dans l'esprit général de toute une certaine société qui converge vers un point de vue résultant de l'interprétation de la culture. Mi artisan, mi artiste le nouveau concepteur de cet art se cherche plutôt qu'il ne trouve. 

Chaque année, nous l'attendons toute l'année. Il existe plusieurs façons d'aborder le 1er Festival international du Photojournalisme qui se déroule à Perpignan. Soit vous vous déplacez avec un œil amateur attiré par la beauté des images, soit vous portez un regard critique sur l'actualité traitée par l'image, en cherchant à comprendre le travail réalisé par chaque photographe. Cette année, le lien avec "La Valise Mexicaine" des Rencontres d'Arles est indissociable des conjonctures sociales qui ont marqué 2011. Des révoltes arabes, en traversant les manifestations des peuples européens "indignés", les sujets photographiques n'ont pas tari l'inspiration des professionnels de l'image. Quels "Regards" portent-ils sur des sociétés qui subissent de plein fouet le résultat d'un système économico-politique ne correspondant plus aux aspirations des peuples, qu'ils fussent occidentaux ou bien d'ailleurs ! Pour cette année, presselibre.fr n'a pas déposé une demande d'accréditation pour officialiser sa venue. C'est à titre d'anonymat que nous opérerons au cœur du photojournalisme, préférant une certaine dissidence, afin de préserver une intégrité.      Jean canal 23 août 2011.

Gaudillère a présenté ses photographies au Couvent des Minîmes où elles sont exposées parmi tant d'autres, professionnels des agences mondialement connues.

Orientant son choix de reportage sur les centres de rétention, le photographe-reporter a souligné les difficultés rencontrées pour exécuter un travail en profondeur, au cœur de ce problème, tout simplement parce qu'il ne possède pas de carte de presse. C'est en soi un handicape pour investir l'actualité de façon journalistique et médiatique, plus exactement.

Les autorité sont très procédurière, lorsqu'il s'agit de s'immiscer dans leur profession, d'autant moins quand il est question d'investir les conditions des personnes mise en rétention.

"Et pourquoi ne réalisez-vous pas de reportage sur les prisons ?" demande une dame, assistant au colloque tenu par le photographe, trônant devant ses clichés. Toujours le même problème : les autorisations ne sont pas forcément libellées à tous. Certains critères de confidentialité semblent prévaloir dans cette fonction particulière. La photographie de prison ! D'aucuns l'on fait ! Depardon en fut un des initiateurs. Mais a quoi cela sert-il réellement à vouloir montrer l'envers du décors, si un pouvoir applique une politique répressive admise démocratiquement ?!

David Simon Martret est un photographe de Barcelone. Ce Catalan né en 1984 expose son travail dans la salle "Théodore Monod", Place Rigaud. Le thème en l'honneur www.davidsimonphoto.com : LENINAKAN. Un regard porté sur les pays de l'Est de l'Europe, encore ensevelis sous les décombres des conflits.

Critique artistique sur le festival Off d'Aurillac. La saison 2011 ne fut pas au rendez-vous des grandes initiatives artistiques, comme 2010 et d'autres années fort antérieures à celles-ci. La Place des Carmes n'a pas soulevé l'enthousiasme de la foule venue en grand nombre assister à la représentation du jeudi 18 août qui s'est résumée à un déballage d'ustensiles cassables, livrés à la furie d'un comédien peu crédible dans son exercice de style scénique. Beaucoup de bruit et de casse pour rien ! Heureusement que la musique a sauvé la fin.

La Place de la Paix n'a pas fait mieux que l'année dernière, quand bien même le thème en était différent et d'autant plus louable. Un manque d'inspiration général semble mettre en difficulté les troupes à la recherche d'originalité ; car c'est bien de cela dont il est question : se distinguer pour ne pas faire et refaire ce que le spectacle de rue a déjà montré ! Les exercices de cirque en trapèze ont cependant conquis le public qui en redemandait, à chaque séance. C'est vrai que la critique est facile d'autant plus quand on sait que l'art est effectivement difficile... Jean Canal 24 août 2011. 

Toy Touly Joi Ils sont nombreux à prendre la route, à avoir rompu des liens familiaux et en avoir aussi conserver quelques uns. S'étant créés une nouvelle famille, reconstituée à partir de valeurs personnelles partagées en communautés itinérantes, ils se caractérisent par les départs vers des lieux inconnus, où de nouvelles rencontres leur insufflent le goût de vivre dans une société qui les rejette ! Entre alcool, drogues douces et dures, ils se frayent un chemin dans un monde qu'ils refusent tel que la société leur présente. Ils sont jeunes, rêveurs et quelque peu blessés, au for intérieur de leur âme ! Filles, garçons qui deviendront des humains sans âge, préservés de la détérioration du temps, ils vivent leur vie, celle qu'ils ont choisie, entre Amour et Liberté. Et Jean Canal de leur dire, Moi, je vous aime. Photos Jean Canal. Aurillac août 2011.

Dotée d'un sens artistique critique dans la mesure où Elle connut les sensations des voyages et séjours à l'étranger : Etats-Unis, San Francisco, Afrique, Russie, Espagne et Amérique du Sud, "Sensa", dont le niveau intellectuel lui permet de parler cinq langues, est une exception féminine en soi ; puisque elle revendique la Liberté absolue dans la vie qu'elle mène : "La Liberté tu la prends, tu n'attends pas qu'on te la donne !" dit-elle à tout contrevenant à cette prérogative ; que cela soit dans sa vie intime ou bien publique. A suivre dans ses pérégrinations créatrices. Jean Canal 11 août 2011.

Pour les néophytes qui recherchent la voix sacrée de la paix intérieure, ils la trouveront en assistant au rituel musical de el'Aîma. C'était envoutant de voir la femme enfin redevenue l'emblème sublime de l'amour. 

Hommage à Jean Vilar en Avignon.

Avignon Deux soucis sur lesquels Jean Vilar insistait : préserver l'esprit de création et respecter l'idéologie populaire. 1967, Avignon.

Que reste-t-il aujourd'hui de cet état d'esprit ? Après avoir, comme presque chaque année, arpenté les rues et ruelles d'Avignon, sans oublier les places publiques et les parvis d'églises nombreuses en cette ville, le constat est clair : la Culture théâtrale est bien au rendez-vous ; mais à quel prix !

Gerda était assise face à la machine à écrire, en train de rédiger l'article de presse que la revue "Regard", pour laquelle nous travaillions, attendait.

Nous étions en 1937 à ValenceLa guerre d'Espagne n'en finissait pas de comptabiliser les victimes civiles : les Espagnols s'entretuaient, avec la complicité du fascisme italien, de la participation nazie et le refus de la France de rentrer dans le conflit..

"D'après une idée survenue à la suite de la visite au musée à Arles, de l'exposition photographique consacrée à Capa :"La Valise Mexicaine." 

presselibre.fr en reportage à Montpellier.

      Le populisme débattu sur le parvis du Rectorat, à Montpellier. De gauche à droite : Alain-Gérard Slama, Guy Hermet, Myriam Revault, Jean Birnbaum du Monde et Emmanuel Laurentin de France Culture avec Clémentine Autain, Annie Colloyard, Benjamin Lancar. Le débat eut lieu entre deux groupes d'idées, dirions-nous, Droite-Gauche. La diffusion se fera sur France Culture du 30/07 au 27/08.                                                   "De Fanon au Printemps arabe." Colloque autour de la Révolution arabe traitée en filigrane de cette rencontre mémorable où Le directeur de Médiapart, éminent journaliste de l'investigation fut invité, à titre d'écrivain. Toujours alerte dans la réplique, Edwy Plenel a défendu, non sans mal, la Liberté d'expression bafouée dans le monde. Une interlocutrice osa poser une question sur l'opinion publique diabolisant les palestiniens agresseurs constants d'Israël ! La réponse fut sans commune mesure. En relatant l'état de la situation, en se référant aux incidents internationaux de l'histoire, Edwy Plenel a rappelé, de façon tacite, qu'il existe des palestiniens et des israéliens qui aspirent à partager cette vie commune, sur une terre meurtrie. Nous reviendrons sur cette intervention filmée qui sera en ligne, incessamment sous peu. Jean Canal 20 juillet 2011.

Adorno et la "Théorie esthétique." Essayer de disputer des œuvres d'Adorno c'est prendre des risques d'interpréter les réflexions du maître, de façon erronée, en sorte que l'on risque de ne pas saisir et pourquoi pas comprendre ce que ce génie veut insuffler à la raison. Je me risquerai donc dans une dispute littéraire à travers laquelle je trouverai ce que je cherche depuis toujours : la connaissance !

« D’emblée, il faut bien concéder que s’il existe un domaine où la connaissance progresse par strates, c’est bien l’esthétique ». Cette phrase tirée de son ouvrage précité en amont de ce paragraphe, jette la réflexion dans l'abime de la pensée : la mienne ! Sortie de son contexte, dirait un professeur de philosophie dérogeant au savoir qu'il enseigne, comme il en existe tant dans le monde de l'enseignement, on ne peut donner une signification propre à cette assertion ! C'est tout le propre de la philosophie : repenser ce qui l'est déjà ; remettre en doute tout ce qui est énoncé comme étant relativement vrai et reçu comme tel ! Bref ! A mon niveau qui se situe dans la sphère de la curiosité esthétique, je me contenterai d'interpréter ce que Adorno à infirmer dans un domaine qui est particulier à son savoir ! Pour ma part, lorsque l'on évoque "l'esthétique", mon esprit se remémore les grecs anciens, Platon plus particulièrement qui en abusait avec outrance, jusques au "Banquet" que vous avez tous lu, bien sûr !

Il s'agit, cependant, de l'art chez Adorno. Cela tombe bien, l'art me plaît ! Et la suite du récit le confirme : « toute compréhension d’œuvre est essentiellement un processus. »

Transposant l'esthétique artistique d'Adorno à celui de la femme, je rentre dans un contexte qui va me falloir adapter à la comparaison esthétique de l'œuvre que je vais faire.

Adorno explique que l'art doit être disséquer par la compréhension avant d'être dévoré par les yeux. C'est tout le contraire qui s'applique à la femme qui attire par son esthétisme, fût-il d'un ordre mineur dans la beauté sensée être diffusée. Selon le maître, l'art exige une analyse pour attester de son authenticité. En est-il de même pour la femme dont l'esthétisme égare souvent de l'essentiel demeurant en elle. Que cela ne prive pas l'œil de la beauté esthétique qui, toute relative soit-elle, joue une part importante dans le relationnel de l'amour.

L'œuvre belle cacherait-elle une laideur insoupçonnée ? Oui ! dirais-je. Celle de la personnalité caractérisée par laquelle l'entité de l'être s'affirme. C'est ici que Plotin entre en lice pour faire l'éloge d'une autre beauté, singulière qui ne correspond point à celle que Adorno s'évertue de démontrer, comme étant le propre de l'esthétisme. Plotin remonte (anabainein) vers le cœur de l'âme, dirais-je, afin d'y découvrir la vraie beauté ! Est-elle chassée de tout esthétisme ou alors est-ce l'esthétisme de l'âme qui lui revêt les aspects de sa singulière et véritable beauté ? Je ne me risquerai point à répondre, mais seulement à me positionner vers la seule réponse qui puisse y avoir...

Les citations sont tirées de l'ouvrage en titre.

Littérature : Maurice Nadeau. Dernier éditeur d'après guerre, dès 1945, Fondateur de la revue des "Lettres Nouvelles" et aujourd'hui, Directeur de "La Quinzaine littéraire", Maurice Nadeau lit encore les manuscrits de ses futurs auteurs. Il a fêté ses cent ans, le 21 mai de la présente année. De Pérec à Houellebecq, il sauva de la postérité des auteurs refusés chez les plus grandes Maisons d'Edition de l'époque. Particularité : la pugnacité ! Cette figure emblématique de l'édition française côtoya Breton et les grands noms de la littérature. Ancien trotskiste, militant situé à gauche et acteur du mouvement surréalisme, il collectionne les souvenirs comme cette anecdote, concernant René Char : "Il s'est toujours pris pour quelqu'un, lui." De Becket à Queneau, auprès de ses contemporains, il mena une vie agrémentée par ces insolites relations d'auteurs qui incarnent toujours la mémoire de la littérature de son temps. Rédacteur à Combat, où Camus et Sartre prirent un engagement journalistique, Nadeau est encore l'emblème vivant des Lettres ! Hommage lui soit rendu en mémoire de ses auteurs. Jean canal.

Rennes capitale de la critique d’art

L'art Contemporain c'est également à Rennes qu'il se critique, intellectuellement. Une nouvelle capitale de cette culture qui ne trouve, en réalité, que très peu de critique constructive par elle même.

Les Anciens et les Modernes. Empreints d'une mentalité encore plus ancienne que celle de leurs aïeux et moins adaptée à l'héritage culturel qu'ils n'ont pas pu leur laisser faute de ne pas l'avoir pérennisé, les Modernes semblent figés dans leur attitude contemporaine d'adoption... Guères enclins à cultiver un idéal de vie qui épouserait la raison pure (comme eût dit Kant), ils s'enferment dans une conception irréaliste de l'événement factuel ! Regroupés autour d'idées primaires, propres au balbutiement de la raison encore immature et en phase conceptuelle, les Modernes contournent les problèmes que la société leur présente en répartie à leurs doléances. Se garantissant d'une suprématie quelconque formulée par des arguments très convaincants, les Modernes mettent en valeur une certaine idée de l'existence toute relative à leur état social par lequel ils font prévaloir leurs statuts ! Très nombreux en comparaison des Anciens qui ne persistent que par la pensée majestueuse d'idées fondatrices, ils se sont finalement imposés au cœur des sociétés humaines, en persuadant leurs semblables de suivre leur exemple qui dans la conception de vie qu'ils défendent a fait ses preuves. Jean Canal 6 juin 2011.

Livres anciens. Livres modernes. C'était l'échoppe de Jean Caut, rue du Taur, à Toulouse. Le vieux monsieur, libraire de profession, avait vendue en 2002 sa boutique à une acheteur qui désirait reprendre la boutique en l'état, en perdurant la tradition de l'ancien propriétaire qui était là depuis plus de cinquante ans ! A l'intérieur, il y avait des livres à n'en plus finir qui tapissaient les murs jusqu'au plafond. Au centre un seul étal sur lequel étaient disposés des ouvrages prestigieux par leurs contenus mais rares par leur datation. Tous les thèmes relatifs à la grande littérature, plus particulièrement ancienne, comprenant les auteurs grecs et latins figuraient chez Monsieur Jean Caut. Les étudiants s'y référençaient en y consultant quelques vieux manuscrits mis gracieusement à leur disposition, le temps de l'étude. Discussions, points de vue et opinions relevant de l'érudition faisaient le bonheur de ces quelques curieux en quête de savoir et connaissance. Il y avait Ousset, décédé dans les années deux mille, lequel tenait, toujours rue du Taur, "La Bible d'Or." Ce personnage d'exception vous conseillait toujours judicieusement, lorsque vous cherchiez un livre et vous conseillait même de ne pas l'acheter neuf, il vous le trouverait d'occasion !

A l'emplacement de la première échoppe, il y a désormais un marchand de fringues modernes ; la seconde est restée telle qu'elle fut, mais sans personne pour la gérer...

Autour d'une culture de sélection dont le fondement tend à éveiller l'esprit, aiguiser les sens et développer la réflexion, au cœur d'une société qui décharge le citoyen de ses responsabilités de jugement ! Pour y parvenir et pour la parfaire reste l'initiative personnelle qui permet d'opter pour le choix judicieux en essayent de répondre le plus savamment possible aux aspirations de chacun, dans ce domaine. Bien évidemment, toutes les cultures sont enrichissantes, dans la mesure où elles puisent leurs inspirations dans des phénomènes relatifs aux fondements, non pas seulement de la société, mais de l'être ! car c'est bel est bien lui qui est constamment interpellé pour émettre un avis, lui même puisé dans les forces de réflexions que le jugement intellectuel, s'entend, suscite devant une réaction. A quoi, en effet, devrait servir la culture si ce n'est à véhiculer des idées capables d'apporter des réponses aux problèmes humains ! Son agrément lui confère d'autant plus cette tâche, qu'elle doit l'assumer avec une certaine réserve sur le pouvoir qu'elle détient, au grand dam de la politique ! Jean Canal 4/06/2011.

Critique générale sur la dévalorisation du concept de présentation de l'art. Nous pouvons d'ores et déjà parler d'immobilisme dans l'art conceptuel qui confine à la fin de son application ! Héritier d'Arman, de Pommereulle et les autres, cet art inscrit dans la contemporanéité au sens présent, ne parvient plus à innover dans sa présentation ; c'est le manque de concept qui le rend inerte dans son expression morte, au titre des natures photographiques qui se cristallisent dans les galeries. Hélas ! une nature morte évoque une vie en mouvement : lumières, ombres, reliefs, perspectives composent l'œuvre pour lui restituer son entité première, celle qui incita l'artiste à la sacraliser dans son fait !  Pensée du soir, Jean Canal 15/03/2010

 

 

 

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Published by Jcpress - dans Littérature
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