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IMG 2900 - Copie - CopieDepuis quelques années déjà, je me rends dans les cafés pour esquisser les personnages qui s'y trouvent ; je les dépeins au g de ma fantaisie manuscrite, en accentuant toujours certains traits particuliers, plus précisément chez des filles et des femmes que je rencontre, avec leur consentement ; ne serait-ce que pour partager un instant. Je le fis moins à Toulouse, car je vécus avec plusieurs filles qui tantôt s'endormaient sur mon lit, tantôt à l'intérieur, en se glissant tout habillées dans mes draps de coton, bien au chaud sous mon duvet en plume d'oie ! A cette époque, elles vivaient pour ainsi dire chez moi, mais pas avec moi ; nous partageâmes des moments sublimes que nous provoquions par des partages conviviaux autour de l'Amour ! Vous savez ce que cela signifie : l'Amour ! Non, bien sûr ! Vous en êtes encore au sexe, bien évidemment. Mais, je me dois, cependant, de vous en parler brièvement, afin de vous aider (cela m'arrive de temps en temps ; ma débonnaireté s'adresse toujours aux femmes). Dans l'amour, il y a le sexe ; mais dans le sexe, il n'y a pas d'amour ! C'est pour cette raison entre autres parmi certaines qui font et défont les couples qui se crurent unis... que leur relation ne dure pas, sans cet amour. Bref ! Voilà ! Je n'en dirai pas plus... Celle que j'ai rencontrée, sans que nous prîmes rendez-vous, tout dernièrement, travaillait et travaille encore sur place ; elle était et est, provisoirement, serveuse de café. Un café très prisé d'une clientèle moyennement aisée, plutôt même modeste. La fréquentation y est assidue, le samedi, jour de foire... Non, ne cherchez-pas, ce n'est pas celui de Aspet !

Alors que j'avais rendez-vous, ce matin-là avec un grand écrivain, je pris place à une table, de façon qu'elle me vît... Et elle arriva vers moi. Pensez un peu si j'étais heureux. Elle me reconnut et me sourit.

"Bonjour, dis-je"

"Bonjour, répliqua-t'elle."

"Vous me reconnaissez ? J'étais venu samedi dernier."

"Je reconnais toujours certains clients..."

"Merci ! cela me flatte."

"Je prendrai une noisette, s'il vous plaît."

Elle partit chercher mon café. Et je remarquai qu'elle avait noué ses cheveux avec un barette ancienne ; il y en avait même deux. Elle était vétue d'une robe longue, sombre qui lui couvrait tout le corps. Son haut était une espèce de gilet étriqué qu'une veste ample, avec des poches, couvrait, en laissant deviner... ce que je préfère chez les filles et qu'elle ne montrent qu'à ceux qu'elles aiment ; les seins ! Mais, je pus les imaginer, sous ses apprêts qui l'engonçaient, d'autant plus quand elle se mit de profil ; c'est à ce moment-là que je les aperçus ou du moins que je devinais leur forme. Je n'avais pas été attiré par la couleur de ses yeux, ni par ses traits ; mais ce fut le tout qui me plut : elle n'était pas trop grande... ce qui me permit de me placer dans une situation révée où j'étais en train de la ceindre dans mes bras :

-Je serais intervenu, à l'occasion d'une invitation à dîner chez elle où elle se serait placée devant sa cuisinière en train de touiller le repas au fond de la marmite ; et moi, arrivant par derrière, délicatement, je lui aurait ceint la taille en lui déposant des doux baisers dans le cou, puis sur la joue et enfin, me faisant face, sur ses lèvres. Elle aurait ensuite éteint le gaz, défait son tablier et je l'aurais entrainée sur son canapé, son lit ou bien son divan et pourquoi pas sur le tapis, si chez elle il y en a un. Ses seins me seraient alors offerts et je les aurais honorés, comme jamais avant moi, aucun autre ne le fit !"

Néanmoins, pour lors, j'en étais encore à la conquête semblable à celle de Don Quirotte de la Mancha qui lutte contre les moulins ! Je ne sais pas si vous voyez l'image... Elle revint avec ma noisette et je me réveillai de ce moment de réverie solitaire...

Elle déposa le café sur la table et s'attardait pour régler l'addition immédiatement, comme le patron le recommandait auprès de ses serveurs. Je la payai tout en lui parlant de tout et n'importe quoi ; car je ne savais pas quoi lui dire... Ou plutôt si ! Je savais ce qu'il fallait lui dire et je me le disais à moi-même, par crainte qu'elle ne comprît pas :

"Mademoiselle, il faut que je vous dise que vous me plaisez ; mais que vous me plaisez comme il y avait longtemps qu'une fille ne m'avait pas plus. J'aime tout en vous : vos cheveux, votre grace, qui vous êtes et ce que vous êtes. J'aimerais faire un bout de chemin avec vous dans la vie et même vous faire un enfant. Voilà ! Tout est dit !"

Evidemment, on ne s'exprime pas de cette façon. Et lorsque je revins, le samedi d'après pour la revoir et lui donner la lettre d'amour rédigée à la plume Sergent major pour lui faire ma déclaration, elle avait disparu.

Ce n'est qu'en rentrant chez moi que je la découvris sur une peinture de Edouart Manet. Elle était debout, derrière un comptoir, prête à servir.

J'étais à demie consolé de la savoir proche de moi et que j'allais m'endormir, le soir, auprès d'elle.

 

Jean Canal samedi 14 mai 2011.

 

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