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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 23:14

IMG_2039---Copie.JPG1984 devait être l'aboutissement des années de régimes politiques démocratiques tombés entre les mains du pouvoir souverain des dictatures occidentales, plus particulièrement ; puisque ce sont elles qui sont à l'apogée de la modernité du progrès. La finalité d'un système social ayant atteint son degré le plus haut dans l'échelle de psychose collective qui a gravi, au cours des successifs gouvernements dits de classes, les échelons de la force de dissuasion générale : soit une lobotomie virtuelle élaborée à partir d'une surveillance opérée en filigrane par les maîtres de l'économie, nous sommes donc désormais confrontés à une société élaborée selon la conception que nous en avons faite !

George Orwell anticipa judicieusement sur l'avenir des civilisations en définissant la manière dont celles-ci seraient soumises à une surveillance accrue au profit d'une élite restreinte, détentrice du pouvoir, concentrée sur la manipulation des individus et a fortiori des idées : "ne pensez plus On réfléchit pour vous !" Nous y sommes avec la différence que l'impression d'avoir préservé toutes nos libertés est intacte et même d'en posséder de nouvelles qui nous permettent de jouir du bienfait de la consommation ! Qui se plaindrait, en France, notamment, de ne pas être libre d'aller et venir où bon lui semble, sans être inquiété par une espèce d'interdiction quelconque portant atteinte à cette précieuse démocratie, garante des libertés individuelles. Personne devant un tribunal, bien sûr !

Depuis mon initiation intellectuelle à la lecture du Monde diplomatique, précisément en 1984, j'ai appris à saisir les subtilités journalistiques des différents rédacteurs en chef desquels je pus apprécier à juste titre la pertinence d'analyse de l'actualité ; allant souvent même jusqu'à anticiper sur les événements à venir. J'ai connu, en effet, Claude Julien et son successeur Ignaciot Ramonet qui donnèrent à ce journal mensuel ses lettres de noblesse ; le passage du noir et blanc à la couleur marqua un tournant dans la lecture quotidienne qui consistait à lire une page par jour voire deux quand les sujets traités couvraient cette surface de papier. Dire qu'ils étaient les seuls a posséder cette pertinence d'esprit analytique, serait dédaigner les autres collaborateurs imminents à ce journal ; lesquels ajoutent au fonds tout l'intérêt de le lire et au final de l'archiver, comme des lettres soigneusement rangées dans un coffre !

Ce qui a changer n'est point son contenu qui ne manque jamais d'interpeller le lecteur ; mais son contenant qui se détériore au fil des pages tournées et retournées, au demeurant pliées en deux et quelquefois en quatre ! La qualité du papier n'y est plus ! L'encre n'est plus aussi résistante à l'usage des relectures ! Le papier jaunit rapidement au soleil et finit par se faner ! Les mots et les phrases disparaissent sous l'usure, de sorte que le Diplo doit être immédiatement rangé après une utilisation unique, afin de préserver la quintessence de son esprit ! On ne peut plus le prêter et le faire circuler entre des mains peu soigneuses d'individus sans scrupules qui traiteraient ce palimpseste de l'information, comme un vulgaire quotidien  ! C'est désolant ! Et je m'en plains ; car son prix, bien qu'étant justifié, devrait inciter a un peu plus d'attention de la part des imprimeries attitrées qui devraient mettre l'accent sur sa qualité !

Bien évidemment, l'arrivée du numérique nous permet de bénéficier des archives depuis la première parution du journal, en mai 1954. Comme nous ne sommes pas sans le savoir, c'est Hubert Beuve-Méry qui créa ledit Mensuel. Ses abonnements adaptés selon le statut de chaque acteur social permettent, entre autres des prix adaptés, une accession en ligne permanente, de sorte que l'on peut se balader sur la toile depuis sa première parution !

Bref ! la perte définitive de la qualité du papier compense amplement avec les modes de consultation dudit sur internet !

Et c'est à partir de la lecture de l'article figurant dans la page vingt-huit de ce mois de juin que l'idée de rédiger ce billet d'humeur m'est venue. Je vous conseille donc d'en prendre connaissance, quelle que soit l'obédience politique à laquelle vous appartenez ; fussiez-vous anarchiste ou bien apolitique ! Vous vérifierez ainsi la véracité non seulement de l'auteur du roman 1984, mais également vous constaterez et admettrez enfin, quand bien même eussiez-vous été de mauvaise foi, que le Diplo, depuis le passage de Claude Julien qui lui donna une autre direction... insuffle toujours au lecteur un esprit de révolte permanente dont la maitrise résume la tendance de la ligne éditoriale actuelle...

Bonne lecture. 

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Published by Jcpress
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